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Comment questionner sa famille ?

Lors d'un travail sur le transgénérationnel, il est possible d'avancer avec peu d'information (il y a d'autres outils, le dessin, les photos, des outils systémiques, le rêve éveillé, etc...) mais, plus on a d'éléments factuels, mieux cela permet de recontextualiser, et donc, de s'approcher au plus près de la vérité.

Pour cela, toutes les informations généalogiques sont une aide précieuse pour situer la famille (les personnes, les situations). dans un contexte historique, culturel et social. Il est important de comprendre comment s'inscrit l'histoire de la famille dans la grande Histoire. Quelle progression ou régression sociale peut-on observer ? Quels évènements collectifs ont-ils pu agir comme des effractions, souvent tragiques, dans le quotidien de nos ancêtres et dont on peut encore ressentir la trace émotionnelle ?

Les dates, les régions, les pays, les métiers, le milieu social... tout compte : ce n'est pas la même chose d'avoir 20 ans en 1914, en 1940 ou en 1955.

Le récit familial est tout aussi important. Que se raconte-t-il dans la famille, quels évènements ont-ils eu de l'importance ? Que dit on de tel couple, de telle fratrie, de cet oncle, de cette arrière grand-mère ? Quelles étaient les relations de cet homme avec son père ? Comment les mères et les filles s'entendent elles ? ...

Souvent, il y a de la crainte de questionner, soit parce qu'on a déjà essayé et que l'on s'est heurté à un mur, à des pertes de mémoire, voire, à de la colère ou bien parce que le lien est rompu et qu'il n'est pas simple de renouer à ce seul motif.

Lorsque le questionnement s'annonce difficile, je conseille de ne pas parler de psychogénéalogie (rien que le mot "psycho" peut stopper net un début d'intérêt) mais d'évoquer plutôt une recherche généalogique. Et ensuite, je propose de questionner "large" et "haut" pour ne pas enfermer la personne que l'on questionne dans une relation parent/enfant ou frère/sœur qui peut être sensible et non questionnable, mais de démarrer deux ou trois générations au-dessus.

Ouvrir un champs de questionnement large.


"As tu connu tes grands-parents ? Tes arrières grands-parents ?

Quel souvenir en as-tu ? Où vivaient -ils ? Quels métiers avaient-ils ? A quelle occasion les voyais tu ?

Ont-ils fait des mariages d'amour ? Sais tu quelles études a fait ton grand-père, ton père ? Les femmes travaillaient-elles ? Les hommes sont-ils partis à la guerre ? Et les frères et sœurs de ton grand-père, en sais-tu quelque chose ?

On interroge à la périphérie, puis, petit à petit, si l'ouverture est là, on recentre sur les générations, les personnes plus proches, sur des sujets plus sensibles comme 39-45, l'occupation, la guerre d'Algérie. Qui se trouvait où ? Qui a été mobilisé ou pourquoi n'est il pas parti ? Comment était cet homme lorsqu'il est revenu ? Y-a-t-il des livrets militaires (que l'on trouve assez facilement en ligne pour la guerre de 14-18 par ailleurs) .

Si l'on devine ou si l'on sait qu'il y a des secrets, plutôt que de demander directement de quoi il s'agit, il est préférable de dire "j'ai l'impression qu'il y a des secrets dans cette famille, et toi ?" On peut mettre en avant que le fait que les époques ont changé, que ce qui était impossible à dire au siècle dernier, poserait sans doute moins de problème aujourd'hui.

Il est probable que rien ne soit encore dit à ce moment là, mais, cela peut ouvrir une possibilité de parole qui viendra plus tard.

Les photos sont un très bon support de dialogue, on s'interroge ensemble sur les personnes que l'on y voit, les époques, demander si la personne a elle-même d'autres photos (vive les téléphones qui permettent de repartir avec des albums complets !)

On peut demander les vieux livrets de famille et ce qui reste de documents qui auraient été transmis.

Que la communication avec ses ascendants directs soit possible ou pas, il faut penser à interroger les cousins, grands cousins, les oncles, tantes, etc... Ils peuvent apporter d'autres des éléments, un autre angle (voire un arbre généalogique !) car on perçoit, on reçoit des choses différentes selon la place que l'on occupe dans les fratries. Et ne pas oublier que souvent, la branche maternelle détient des informations sur la branche paternelle.


Questionner fait remonter les souvenirs, rétabli des connexions entre des faits.

Mon conseil : y aller doucement, laisser s'installer un peu le silence, être patient, laisser infuser, revenir une autre fois, doser...(le refus de répondre est une réponse, mais c'est un autre sujet que je développerai plus tard :-)).

Régulièrement, les personnes que j'accompagne sont très surprises de voir à quel point, finalement, la famille se mobilise pour tenter de trouver des informations, pour aider. Je ne compte pas les fois où cela a permis de renouer avec des proches, un père, une mère, heureux de pouvoir resserrer les liens et de transmettre. On peut ainsi se voir confier une boite ou recevoir, un jour, une grande enveloppe contenant des informations inespérées.

Parfois, il n'était pas possible de questionner jusqu'alors, et puis le moment est venu : l'information arrive parce qu'il est possible de dire.


Il se peut aussi que l'on se souvienne de cartons jamais ouverts et, par exemple, qu'on y retrouve des courriers écrits par des ascendants italiens ou espagnols, témoignages précieux d'une arrivée en France douloureuse, du déchirement de l'éloignement, ou encore, les derniers écrits envoyés par des membres de la famille polonaise emprisonnée dans un ghetto avant d'être déportée. Tout était là, à portée de main.

Le travail en psychogénéalogie permet d'entendre les informations avec une oreille différente, avertie. On comprend la valeur de ce que l'on reçoit. Même une information qui parait sans grande importance peut être une pièce du puzzle qui s'emboite et qui éclaire un peu plus les transmissions familiales inconscientes.


Lors d'un travail sur le transgénérationnel, il est possible d'avancer avec peu d'information (il y a d'autres outils, le dessin, les photos, des outils systémiques, le rêve éveillé, etc...) mais, plus on a d'éléments factuels, mieux cela permet de recontextualiser, et donc, de s'approcher au plus près de la vérité.

Pour cela, toutes les informations généalogiques sont une aide précieuse pour situer la famille (les personnes, les situations). dans un contexte historique, culturel et social. Il est important de comprendre comment s'inscrit l'histoire de la famille dans la grande Histoire. Quelle progression ou régression sociale peut-on observer ? Quels évènements collectifs ont-ils pu agir comme des effractions, souvent tragiques, dans le quotidien de nos ancêtres et dont on peut encore ressentir la trace émotionnelle ?

Les dates, les régions, les pays, les métiers, le milieu social... tout compte : ce n'est pas la même chose d'avoir 20 ans en 1914, en 1940 ou en 1955.

Le récit familial est tout aussi important. Que se raconte-t-il dans la famille, quels évènements ont-ils eu de l'importance ? Que dit on de tel couple, de telle fratrie, de cet oncle, de cette arrière grand-mère ? Quelles étaient les relations de cet homme avec son père ? Comment les mères et les filles s'entendent elles ? ...

Souvent, il y a de la crainte de questionner, soit parce qu'on a déjà essayé et que l'on s'est heurté à un mur, à des pertes de mémoire, voire, à de la colère ou bien parce que le lien est rompu et qu'il n'est pas simple de renouer à ce seul motif.

Lorsque le questionnement s'annonce difficile, je conseille de ne pas parler de psychogénéalogie (rien que le mot "psycho" peut stopper net un début d'intérêt) mais d'évoquer plutôt une recherche généalogique. Et ensuite, je propose de questionner "large" et "haut" pour ne pas enfermer la personne que l'on questionne dans une relation parent/enfant ou frère/sœur qui peut être sensible et non questionnable, mais de démarrer deux ou trois générations au-dessus.

Ouvrir un champs de questionnement large.


"As tu connu tes grands-parents ? Tes arrières grands-parents ?

Quel souvenir en as-tu ? Où vivaient -ils ? Quels métiers avaient-ils ? A quelle occasion les voyais tu ?

Ont-ils fait des mariages d'amour ? Sais tu quelles études a fait ton grand-père, ton père ? Les femmes travaillaient-elles ? Les hommes sont-ils partis à la guerre ? Et les frères et sœurs de ton grand-père, en sais-tu quelque chose ?

On interroge à la périphérie, puis, petit à petit, si l'ouverture est là, on recentre sur les générations, les personnes plus proches, sur des sujets plus sensibles comme 39-45, l'occupation, la guerre d'Algérie. Qui se trouvait où ? Qui a été mobilisé ou pourquoi n'est il pas parti ? Comment était cet homme lorsqu'il est revenu ? Y-a-t-il des livrets militaires (que l'on trouve assez facilement en ligne pour la guerre de 14-18 par ailleurs) .

Si l'on devine ou si l'on sait qu'il y a des secrets, plutôt que de demander directement de quoi il s'agit, il est préférable de dire "j'ai l'impression qu'il y a des secrets dans cette famille, et toi ?" On peut mettre en avant que le fait que les époques ont changé, que ce qui était impossible à dire au siècle dernier, poserait sans doute moins de problème aujourd'hui.

Il est probable que rien ne soit encore dit à ce moment là, mais, cela peut ouvrir une possibilité de parole qui viendra plus tard.

Les photos sont un très bon support de dialogue, on s'interroge ensemble sur les personnes que l'on y voit, les époques, demander si la personne a elle-même d'autres photos (vive les téléphones qui permettent de repartir avec des albums complets !)

On peut demander les vieux livrets de famille et ce qui reste de documents qui auraient été transmis.

Que la communication avec ses ascendants directs soit possible ou pas, il faut penser à interroger les cousins, grands cousins, les oncles, tantes, etc... Ils peuvent apporter d'autres des éléments, un autre angle (voire un arbre généalogique !) car on perçoit, on reçoit des choses différentes selon la place que l'on occupe dans les fratries. Et ne pas oublier que souvent, la branche maternelle détient des informations sur la branche paternelle.


Questionner fait remonter les souvenirs, rétabli des connexions entre des faits.

Mon conseil : y aller doucement, laisser s'installer un peu le silence, être patient, laisser infuser, revenir une autre fois, doser...(le refus de répondre est une réponse, mais c'est un autre sujet que je développerai plus tard :-)).

Régulièrement, les personnes que j'accompagne sont très surprises de voir à quel point, finalement, la famille se mobilise pour tenter de trouver des informations, pour aider. Je ne compte pas les fois où cela a permis de renouer avec des proches, un père, une mère, heureux de pouvoir resserrer les liens et de transmettre. On peut ainsi se voir confier une boite ou recevoir, un jour, une grande enveloppe contenant des informations inespérées.

Parfois, il n'était pas possible de questionner jusqu'alors, et puis le moment est venu : l'information arrive parce qu'il est possible de dire.


Il se peut aussi que l'on se souvienne de cartons jamais ouverts et, par exemple, qu'on y retrouve des courriers écrits par des ascendants italiens ou espagnols, témoignages précieux d'une arrivée en France douloureuse, du déchirement de l'éloignement, ou encore, les derniers écrits envoyés par des membres de la famille polonaise emprisonnée dans un ghetto avant d'être déportée. Tout était là, à portée de main.

Le travail en psychogénéalogie permet d'entendre les informations avec une oreille différente, avertie. On comprend la valeur de ce que l'on reçoit. Même une information qui parait sans grande importance peut être une pièce du puzzle qui s'emboite et qui éclaire un peu plus les transmissions familiales inconscientes.



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