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Dans le bus

Elle s’assied à côté de moi, droite. Son visage sec est fermé. Elle tient son sac, un peu élimé, sur ses genoux serrés. Elle porte une robe des années 70 en coton gaufré. Une robe fatiguée et trop grande pour elle maintenant. Il y a même quelques trous par endroit. Avant, elle reprisait. Elle ne serait jamais sortie avec un trou. Aujourd’hui ses doigts déformés n’arrivent plus à tenir une aiguille et encore moins à passer le fil dans le chas. Je suis les veines bleues de ses mains sous sa peau qui se parchemine. Je la regarde du coin de l’œil. Mon épaule contre la sienne, presque. J’aperçois les racines blanches sous ses cheveux roux permanentés. Je souris en remarquant le foulard qui ne sert à rien par cette chaleur qu'à ajouter un peu de chic à l'ensemble fatigué. Elle m’émeut. Elle me rappelle ma grand-mère. Je devine qu’elle fut élégante malgré le peu de moyens. Il y a quelque chose comme le refus d’abandonner, un reste de vigueur qui ne veut pas s’éteindre.



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