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Céline : la transmission de la colère des femmes

il y a 6 jours
2 min de lecture

Lorsque j'ai commencé cet accompagnement, je ne mesurais probablement pas tout ce que l'exploration de mon histoire familiale allait venir bousculer en moi.


En travaillant pendant 7 séances sur la lignée des femmes, de ma mère à ma grand-mère, puis à mon arrière-grand-mère, nous avons peu à peu découvert un fil conducteur qui, jusque-là, m'avait échappé grâce à l'ouverture de mon génosociogramme.

À travers ces générations, j'ai découvert des histoires de femmes dont les aspirations et les possibilités d'accomplissement semblaient avoir été interrompues par un homme, qu'il soit père ou mari.

Comme si l'histoire se répétait de génération en génération et que quelque chose venait leur couper les ailes en plein vol.

Grâce à ce travail j'ai commencé à regarder autrement ces femmes, leur histoire, leurs renoncements peut-être, mais aussi leur force et ce qu'elles ont malgré tout réussi à transmettre.

J'ai regardé ma mère différemment, ma grand-mère aussi, et ce lien si fragile qui nous relie. J’ai pu prendre la place de chacune de ces femmes, observer les liens entre nous et mieux comprendre ce qui se jouait dans ces relations, notamment lors de l’exercice des coussins.

Et puis, forcément, je me suis regardée à mon tour.

J'ai commencé à faire des liens avec ma propre histoire, avec mon besoin d'indépendance, mais aussi ma difficulté à accepter certaines formes d'autorité et surtout cette colère qui a parfois pris beaucoup de place dans mes relations.


Aujourd'hui, je me demande si une partie de cette colère, de ce rapport de force avec le masculin, ne porte pas quelque chose d'une histoire plus ancienne. Comme si les femmes de ma lignée avaient chacune à leur manière, lutté pour conserver leur place, leur liberté, leur possibilité d'exister.

Peut-être ai-je hérité d'une forme de vigilance et de cette colère pour ne jamais me laisser enfermer à mon tour.

Peut être que l'on peut parfois porter des combats dont on ne connaît pas vraiment l'origine?


Ce travail ne m'a pas apporté de réponses toutes faites. Il m'a surtout permis d'ouvrir des portes, d'explorer différentes pistes à travers les outils que nous avons utilisés, de poser de nouvelles questions et de regarder certains aspects de ma vie sous un angle différent.


Quelque chose a bougé en moi.

J'ai compris que je n'avais plus besoin de cette colère ni de me battre pour trouver ma place. Je peux aujourd'hui accueillir ma vulnérabilité sans renier la force héritée de celles qui m'ont précédée.  


Et puis il y a ma fille, à qui je ne souhaite pas transmettre cette colère ni le poids des combats, mais plutôt la force de celles qui nous ont précédée, avoir la liberté d'accueillir sa vulnérabilité.

J'aimerais qu'elle puisse grandir sans avoir à se battre pour trouver sa place, ni être guidée à son insu par les héritages du passé. Qu'elle puisse, simplement, écrire sa propre histoire.


Il me reste encore beaucoup à explorer, notamment dans ma relation aux autres, dans ma façon de trouver ma juste place et de me sentir légitime.


Mais je sais que quelque chose a déjà commencé à bouger.



 
 
 

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